Ernée (Mayenne), chapelle Notre-Dame de Charné, 13e-19e siècles

  • Maîtrise d’œuvre : agence XV41, architecte du patrimoine
  • Mission : étude historique préalable à la restauration de la chapelle
  • Édifice classé au titre des Monuments historiques
  • 2022

La chapelle Notre-Dame de Charné se situe dans le hameau éponyme qui puiserait ses origines à l’époque antique. La fondation de l’édifice est, elle, plus incertaine : des auteurs indiquent son existence dès le 9e siècle, les sources mentionnent l’apparition de l’église de Charné au 12e siècle, et l’observation du bâti tend à situer son origine au 13e siècle. Ces incertitudes mettent en lumière une lacune importante d’archives à l’égard de Notre-Dame de Charné.

Aux marches de la Bretagne, l’église de Charné est au cœur des ambitions royales, ducales et comtales, du Moyen-Âge à la Renaissance. Elle est le témoin d’oppositions militaires qui, par la suite, nécessitent des travaux utiles à sa reconstruction partielle : incendiée en 1488 par les troupes bretonnes engagées contre celles de Charles VIII, Notre-Dame de Charné est augmentée, au 16e siècle, de chapelles latérales de part et d’autre du chœur. Son mobilier, quant à lui, est daté du 17e siècle mais principalement remployé.

La chapelle est, au fil des siècles, décorée de peintures murales dont les couches successives reprennent la chronologie du bâti. Elles bénéficient, en parallèle de notre étude, d’une expertise en conservation-restauration.

Le développement du bourg actuel d’Ernée, et la construction de son église dans les années 1680, conduisent à l’abandon progressif de celle de Charné qui devient une chapelle. Elle se détériore et, constatant la ruine de la nef, l’évêque du Mans ordonne sa démolition en 1697. La chapelle de Charné est donc réduite à son sanctuaire, et l’arc diaphragme qui porte son clocher sert de base à la fermeture de l’édifice tronqué.

En 1796, la chapelle est vendue comme bien national et son nouveau propriétaire engage des travaux de démolition qui ne se concrétisent pas. Vendue une seconde fois en 1797, la chapelle et son cimetière sont alors dédiés à l’exploitation agricole et au pâturage de chevaux.

Remise en vente en 1808, la chapelle Notre-Dame de Charné est rachetée par Anne Vauloup qui réunit les fonds nécessaires à son rachat. L’Ernéenne cède la chapelle aux pauvres de sa commune via le bureau de bienfaisance à la condition qu’elle soit rendue au culte. Jusqu’aux années 1830, la chapelle fait donc l’objet de plusieurs campagnes de restauration et de travaux d’entretien. Avec le 20e siècle, la chapelle devient un élément fort du patrimoine ernéen, puis mayennais : le 27 avril 1964, l’édifice est en effet classé au titre des Monuments historiques quand son cimetière, lui, est inscrit. Cette protection au titre des Monuments historiques motive toute une série de travaux au cours de la seconde moitié du 20e siècle. 

Cette étude historique, réalisée dans le cadre du diagnostic architectural et sanitaire, a pour objectif de définir un parti-pris de restauration.

Retable du transept nord de la chapelle Notre-Dame de Charné © Anthemion 2022

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :